2009/12/23

Cardinal Emmanuel-Célestin Suhard


Emmanuel-Célestin Suhard (1874 – 1949) est né le 5 avril 1874, à Brains-sur-les-Marches (Mayenne).

Le siège archiépiscopal de Paris qu'il rejoint pendant l'exode de juin 40 sera pour lui une lourde charge, où il subit beaucoup d'épreuves, en une époque difficile. En effet, le cardinal Suhard dut s’opposer aux Allemands, défendant les mouvements d’Action Catholique interdits, intervenant pour sauver otages et prisonniers de toutes conditions et religions. Il adressa une dépêche à Hitler, le 26 octobre 1941, pour sauver les otages de Nantes et de Châteaubriant. Les Allemands avaient perquisitionné à l'archevêché dès juillet 1940.

Le lendemain de la rafle du Vel-d’Hiv (16/17 juillet 1942), il écrit au Maréchal Pétain : "Nous ne pouvons étouffer le cri de notre conscience..." Mais il refusa d’approuver certaines actions de la Résistance ("le patriotisme ne justifie pas le terrorisme") et tint à rester loyal envers le maréchal, ce qui lui fut reproché à la Libération. Le 26 août 1944, le Général de Gaulle décida de l'exclure de la cérémonie d'action de grâces de Notre-Dame et de le maintenir confiné à l'archevêché.

Frappé par la déchristianisation, celle du monde rural dès son épiscopat rémois, celle du monde urbain et surtout ouvrier à Paris, le cardinal Suhard restera le créateur de grandes réalisations apostoliques : aumônerie des prisonniers de guerre, aumônerie clandestine du STO et surtout, à partir de 1941, la Mission de France puis la Mission de Paris (1944), qui donnera naissance aux Prêtres-ouvriers.

Il encouragea toutes les initiatives missionnaires en direction de tous les milieux (il présida en 1945 à la fondation du Centre Catholique des Intellectuels Français).
A la fin de sa vie, le cardinal Suhard a publié trois grandes lettres pastorales : Essor ou déclin de l'Église, Le sens de Dieu, Le prêtre dans la cité. Relues aujourd'hui, elles apparaissent comme une sorte de «préface» des grands textes du Concile Vatican II.

Le cardinal Suhard est mort le 30 mai 1949 à Paris et est inhumé à Notre Dame de Paris.

Cathédrale Notre-Dame de Paris
6 Parvis Notre-Dame - Place Jean-Paul II, 4ème arr.
M° Cité

2009/12/22

Sainte Thérèse de Lisieux


Le saviez-vous ? De son vivant, Thérèse de Lisieux (1873-1897) a prié pour l’œuvre des Orphelins Apprentis d’Auteuil (ancien nom de la Fondation d’Auteuil). Elle en connaissait en effet l’existence par l’une de ses novices.

Ensuite, le père Daniel Brottier, sorti indemne de la guerre 14/18, s’est toujours posé la question de cette protection extraordinaire, et sa vie quotidienne était une perpétuelle intimité avec la petite sœur, lui confiant toutes ses pensées et toutes ses préoccupations. Il promet alors d’élever une chapelle et de lui confier les orphelins dont il a la charge, dès qu’elle sera bienheureuse.

Dès le lendemain de son arrivée à la direction de l’Œuvre en novembre 1923, le père Brottier écrit au Carmel de Lisieux pour exprimer son intention de construire une chapelle digne de ce nom dédiée à sainte Thérèse. Il attend l’autorisation de Mgr Le Roy, supérieur des pères du Saint-Esprit, et du cardinal archevêque de Paris.

Le 17 mai 1925, Thérèse de Lisieux est canonisée à Saint Pierre de Rome par Pie X. Le 5 octobre 1930, une chapelle lui est consacrée, au 40 rue de La Fontaine. C’est le premier sanctuaire thérésien ! Il abrite des reliques de la sainte.

Fondation d’Auteuil
40 rue Jean de La Fontaine, 16ème arr.

2009/12/17

Saint François-Xavier


Né en Navarre, en 1506, au château de Xavier, le jeune François est un « sportif ambitieux et un joyeux commensal pétri d’humour ». A 19 ans, il est envoyé à Paris, au Collège Sainte-Barbe. Il y rencontre un autre Espagnol, Ignace de Loyola, de 15 ans son aîné, et quatre autres amis. Leur amitié sera indéfectible. La Compagnie de Jésus (les Jésuites) est née. Le 15 août 1534, ils prononcent des vœux à Montmartre et décident de se mettre au service du pape.
Ordonnés prêtres à Venise en 1537, Ignace et François rencontrent le pape Paul III, qui leur soumet la demande du roi du Portugal d’avoir des missionnaires pour les Indes. François-Xavier est désigné. Sans hésitation, il embarque et va parcourir plus de 100 000 km. Là-bas, il baptise, enseigne et prie des nuits entières. Et si des miracles accompagnent ses pas, il affronte des dangers et des oppositions, y compris des colonisateurs portugais, dont il dénonce certains procédés. Epuisés, il meurt à 46 ans en Chine, le 3 décembre 1552. Canonisé par le pape Grégoire XVI en 1622, il fut proclamé patron de l’Inde et de l’Extrême-Orient en 1748 et patron des Missions en 1927.

L’Eglise Saint-François-Xavier, dans le 7ème arrondissement fut édifiée en 1861 pour desservir un quartier en pleine expansion dont les fidèles devaient jusqu’à cette date aller aux offices à la chapelle des Missions Etrangères de Paris, chapelle d’où partirent tant de futurs martyrs vers l’Extrême-Orient.

L’église Saint-François-Xavier est située à proximité du métro Saint-François Xavier, place du Président Mithouard, Paris 7ème.

2009/12/03

Abbé Franz Stock

Lorsque Franz Stock (1904-1948) entre au séminaire de Paderborn, en Allemagne, il n’a que 21ans. Hélas, quelques années plus tard, Hitler arrive au pouvoir, et la guerre de 1940 se profile à l’horizon.
L’abbé Stock, devenu curé de la paroisse allemande de Paris, est mis à la disposition des prisonniers français, résistants ou otages, arrêtés par la Gestapo.
Son existence ne sera plus que dévouement, compassion, charité extrême. Dans les prisons parisiennes, Franz Stock écoute, réconforte, redonne espoir, apaise, et bien souvent accompagne les condamnés à mort jusqu’au Mont Valérien, lieu d’exécution de nombreux résistants.
De très nombreux témoignages (dont celui d’Edmond Michelet) établissent qu’il apporte le réconfort à ceux qui veulent le recevoir et qu’à ses risques et périls il sert de messager entre les familles et les résistants emprisonnés.


En 1945, il est chargé de l’instruction des séminaristes allemands prisonniers de guerre. Le "Séminaire des barbelés" est définitivement installé dans le camp 501 de Coudray, près de Chartres. L’abbé Stock meurt subitement le 24 février 1948 à l'hôpital Cochin à Paris, il n'a pas encore 44 ans.


Le 23 février 2008, au Mont Valérien, le Président Nicolas Sarkozy rend hommage à la Résistance et à l’abbé Franz Stock : « Lorsqu'en ces lieux, la froide mécanique des exécutions se mettait en marche, lorsqu'il semblait ne plus rester de place pour la moindre manifestation d'espoir ou d'humanité, brûlait toutefois une petite flamme de réconfort et d'espérance. C'était celle qu'entretenait l’abbé Stock.
Toutes les familles dont l'un des membres a été aux mains de la Gestapo, ont témoigné que Franz Stock assista aussi bien ceux qui croyaient au ciel que ceux qui n'y croyaient pas. C'est à lui que Gabriel Péri confia son alliance. C'est à lui que d'Estienne d'Orves remit cette photo des siens qui l'avait tant aidé en prison. C'est par lui qu'Edmond Michelet eut des nouvelles de sa femme. C'est de lui que Joseph Epstein reçut une Bible pour y écrire ses derniers mots et reconnaître son fils.
Bien sûr, Stock était un Allemand aux côtés d'autres Allemands. Il aidait les condamnés à mourir, il n'empêchait pas leur mort. Mais dans cette clairière où se perpétrèrent tant de cruautés, la présence apaisante de Stock, le regard fraternel et profondément humain qu'il posait sur chaque condamné, les liens d'amitié et de confiance qu'il noua avec beaucoup d'entre eux, étaient l'image d'une réconciliation avant la réconciliation. »

Originaire de Rhénanie-du-nord-Westphalie, l’Abbé Stock est considéré comme un pionnier de l’amitié franco-allemande.

En 1934, l’abbé Stock est nommé recteur à la Mission catholique allemande de Paris. Il habite au 21-23 de la rue Lhomond, près du quartier Latin. Une plaque rappelle son passage à Paris.

2009/11/27

Saint Albert le Grand


En passant par le 5ème arrondissement de Paris, ne manquez pas de saluer la mémoire de Saint Albert le Grand, qui a laissé son nom à la place Maubert et à la petite rue contiguë appelée rue Maître-Albert en 1844. « Maubert » signifie « Magnus Albertus », « le Grand Albert », qu’on appelle « Doctor Universalis ». C’est à cet endroit, en effet, qu’assis sur des tabourets, ce maître éminent et ses disciples se retrouvaient pour un enseignement de haut niveau. Thomas d’Aquin fit partie de ces auditeurs. Fils d’officier, Albert (v. 1200-1280) fit ses études à Augsbourg, en Allemagne. D’une rare intelligence, il se passionna pour l’histoire naturelle et l’évolution du monde animal et végétal. Il entra chez les dominicains à l’âge de 17 ans, malgré l’opposition de ses parents. Il y poursuivit son œuvre scientifique et philosophique. Vivant humblement et pauvrement chaussé, il dépareillait tellement au milieu des autres évêques, prélats fastueux comme des princes, qu’on le surnomma méchamment « Godasse » !

Il mourut à Cologne, en 1280, de la maladie d’Alzheimer. Il ne sera canonisé que… 751 ans après sa mort par le pape Pie XI. Il est le patron des scientifiques, des naturalistes et des chimistes.

Paroisse Saint Albert le Grand
122 rue de la Glacière, 13ème arr.
M° Glacière

Saint Séverin

Tout touriste qui visite Paris ne peut manquer de passer auprès de l’église Saint-Séverin, près de Notre-Dame, à l’orée du Quartier latin, au pied de la Sorbonne. Elle fut bâtie sur le tombeau (ou la cellule) de ce saint ermite, qui fut conseiller et supérieur du dernier petit-fils de Clovis, saint Cloud (ou Clodoald) qui se fit moine à son tour. Celui-ci demanda à l’ermite Séverin de lui imposer l’habit monastique et de lui couper les cheveux. On dit que cet ermite passa sa vie entre les bords de Seine et la Provence. Il meurt à Paris le 23 novembre 555. Ce Séverin fut longtemps confondu avec le moine médecin abbé d’Agaune, qui a guéri Clovis, mort à Château-Landon le 11 février 507, c’est-à-dire quarante-huit ans avant notre ermite parisien.
En 1674, l’église parisienne du Quartier latin reçut ses reliques, ce qui accentua la confusion ou permit d’ailleurs un culte plus connu. C’est la raison pour laquelle le sceau de la paroisse Saint-Séverin de Paris porte l’effigie des ces deux personnages.

Eglise Saint-Séverin
3, rue des Prêtres-Saint-Séverin, 5ème arr.
M° Saint-Michel, Cluny

2009/09/28

Saint Vincent de Paul

"Le grand saint du siècle", l'appelle-t-on. Même l'anticlérical Voltaire dit de lui : "Mon saint à moi, c'est Vincent de Paul". Aujourd'hui encore, Monsieur Vincent (1581-1660) est un des saints les plus aimés et les plus priés. Le parcours de ce paysan landais à l'accent gascon est incroyable. Prêtre à 19 ans, il devient précepteur de la famille de Gondi, curé de Clichy, puis de Châtillon-sur-Chalaronne, aumônier des galériens. Il rencontre Louise de Marillac et fonde les Filles de la charité, si actives encore aujourd'hui auprès des pauvres et des malades. Il fonde les lazaristes, deux séminaires pour la formation des prêtres, des maisons d'accueil pour vieux couples et pour les prostituées. Il accueille des milliers d'enfants difficiles, organise retraites, conférences et secours aux régions dévastées par la guerre, lui qui, enfant, rougissait de la pauvreté de ses parents. En 1643, Louis XIII agonise dans ses bras. Conseiller des puissants, ami des pauvres, il meurt à 79 ans, le 27 septembre 1660, en murmurant le secret de sa vie : "Confiance ! Jésus !". On peut voir son corps dans la chapelle de la rue de Sèvres, à Paris.
En 1885, le pape Léon XIII le déclare "patron de toutes les œuvres charitables".

Chapelle Saint-Vincent-de-Paul et Maison mère des Lazariste
95, rue de Sèvres, 6ème arr.
M° Vanneau