2009/09/28

Saint Vincent de Paul

"Le grand saint du siècle", l'appelle-t-on. Même l'anticlérical Voltaire dit de lui : "Mon saint à moi, c'est Vincent de Paul". Aujourd'hui encore, Monsieur Vincent (1581-1660) est un des saints les plus aimés et les plus priés. Le parcours de ce paysan landais à l'accent gascon est incroyable. Prêtre à 19 ans, il devient précepteur de la famille de Gondi, curé de Clichy, puis de Châtillon-sur-Chalaronne, aumônier des galériens. Il rencontre Louise de Marillac et fonde les Filles de la charité, si actives encore aujourd'hui auprès des pauvres et des malades. Il fonde les lazaristes, deux séminaires pour la formation des prêtres, des maisons d'accueil pour vieux couples et pour les prostituées. Il accueille des milliers d'enfants difficiles, organise retraites, conférences et secours aux régions dévastées par la guerre, lui qui, enfant, rougissait de la pauvreté de ses parents. En 1643, Louis XIII agonise dans ses bras. Conseiller des puissants, ami des pauvres, il meurt à 79 ans, le 27 septembre 1660, en murmurant le secret de sa vie : "Confiance ! Jésus !". On peut voir son corps dans la chapelle de la rue de Sèvres, à Paris.
En 1885, le pape Léon XIII le déclare "patron de toutes les œuvres charitables".

Chapelle Saint-Vincent-de-Paul et Maison mère des Lazariste
95, rue de Sèvres, 6ème arr.
M° Vanneau


2009/08/20

Jacques Fesch

Béatifier un jeune homme guillotiné pour meurtre par la justice française !

L’itinéraire de Jacques Fesch, né le 6 avril 1930 à Saint-Germain-en-Laye - mort guillotiné le 1er octobre 1957 à Paris, a parlé à des lecteurs du monde entier après la publication de son journal de prison intitulé « Dans cinq heures je verrai Jésus » et de sa correspondance, sous le titre « Lumière sur l’échafaud ». Un travail d’édition effectué avec l’aide d’une carmélite, Sœur Véronique. Sa veuve, Pierrette, et sa fille très aimée ont défendu courageusement sa mémoire.

Le 21 septembre 1987, une instance en béatification est mise en place afin d’étudier les faits relatifs à la vie et à la conversion de Jacques Fesch. En décembre 1993, le cardinal Lustiger, archevêque de Paris, a ouvert l’enquête préliminaire à la béatification de Jacques Fesch : « J’espère, a-t-il dit, qu’il sera un jour vénéré comme une figure de sainteté. »

Fils de Georges Fesch, banquier et artiste belge, descendant du cardinal Joseph Fesch, oncle maternel de Napoléon Bonaparte, Jacques Fesch (1930-1957) épousa Pierrette à Strasbourg, le 5 juin 1951, enceinte de leur fille Véronique. Jacques Fesch est aussi le père d’un fils d’une autre union, Gérard. Projetant d’acheter un voilier, il attaqua, le 25 février 1954, rue Vivienne, à Paris, le changeur Sylberstein pour lui voler des pièces d’or, en tentant de l’assommer. Mais la victime réussit à appeler à l’aide, et Jacques Fesch fut poursuivi par un agent de police, Jean-Baptiste Vergne. Se retournant, Jacques Fesch qui gardait son revolver dans sa poche, tira au jugé, étant très myope et ayant perdu ses lunettes. C’est le drame. Le policier est atteint en plein cœur. Jacques Fesch est arrêté quelques minutes plus tard dans le métro.

Son procès a lieu dans un climat terrible : l’opinion publique et les journaux se prononcent pour l’exécution. Mais pendant son incarcération, Jacques Fesch manifeste un profond regret de ce crime commis dans un moment de panique, et se tourne vers Dieu, retrouvant la foi perdue dans sa jeunesse. Il vit trois ans et demi d’un véritable cheminement mystique. Il s’en ouvre dans sa correspondance avec des proches, notamment le frère Thomas et sa belle-mère, et recueille ses pensées dans son journal.

Puis, la demande de grâce ayant été rejetée par le président de la République, René Coty, il accepta son sort avec un courage exceptionnel. Il accueillit la nouvelle de sa condamnation à mort avec une sérénité surnaturelle et se maria religieusement avec son épouse Pierrette la veille de son exécution.

Jacques Fesch est guillotiné le 1er octobre 1957 dans la cour de la prison de la Santé par le bourreau André Obrecht.

Le vendredi 29 octobre 2004 : une cérémonie a eu lieu en l'église de Notre-Dame-des-Victoires à Paris : lecture d'écrits de Jacques Fesch et de Sainte Thérèse par Robert Hossein et Candice Patou en présence des deux petits-fils de Jacques Fesch

2009/08/17

La route des saints

2009/08/07

La duchesse d'Alençon et le Bazar de la Charité

Dans l’après-midi du 4 mai 1897, une foule élégante se presse à la traditionnelle vente de bienfaisance organisée par le Bazar de la Charité, association philanthropique qui regroupe les grands noms de l’aristocratie parisienne trouvant là matière à mêler charité et mondanités. L'objet est d'assurer la vente d'objets, lingeries et colifichets divers, au profit des plus démunis.

Cette année-là, on a aménagé rue Jean-Goujon un vaste hangar en bois orné de décors en carton-pâte reconstituant une rue médiévale. Dans un petit local est proposée une nouvelle attraction : une séance de cinématographe.

Lors d’un changement de pellicule, le projectionniste, gêné par l’obscurité, gratte une allumette... En quelques minutes le hangar n’est plus qu’un gigantesque brasier où une foule rendue folle par la peur et la douleur tente en vain d’échapper aux flammes. De l’extérieur, pompiers et sauveteurs assistent impuissants au spectacle des corps qui s’embrasent, se recroquevillent et s’affaissent.

Le lendemain, on retire du brasier plus de 150 corps carbonisés. On retrouvera parmi les victimes, entre autres son Altesse Royale la duchesse d'Alençon, née Sophie-Charlotte en Bavière, sœur de l'impératrice d'Autriche (la fameuse Sissi) et de la reine des Deux-Siciles.

Fête tournant au drame et entraînant des privilégiés de la bonne société dans une mort horrible, l’affaire frappe tout particulièrement l’opinion publique.

Offrant l'exemple d'une mort véritablement chrétienne, la Duchesse d'Alençon (1847-1897) sacrifie sa vie pour épargner celles des dames et des jeunes filles qui la secondaient à son stand. En apprenant la tragédie, le duc d'Aumale, son oncle bien-aimé, est foudroyé par une crise cardiaque et sa sœur, l'impératrice d'Autriche, prédit : « nous mourrons tous de mort violente ». Elle est assassinée à Genève l'année suivante par un anarchiste...

La presse souligne l’héroïsme de sauveteurs d’origine modeste, mais stigmatise la veulerie de bien des hommes du monde qui, pour s’échapper, n’ont pas hésité à piétiner les femmes qui leur faisaient obstacle. Elle dénonce les "chevaliers de la pétoche" et les "marquis d’escampette".

Monument funéraire de Sophie-Charlotte de Bavière, duchesse d'Alençon, morte dans l'incendie du Bazar de la Charité (4 mai 1897)
Chapelle Notre-Dame de Consolation, mémorial du Bazar de la Charité

23, rue Jean-Goujon, 7ème arr.

Pie VII

Le 14 mars 1800, et après 104 jours de conclave, le cardinal Chiaramonti est élu pape par des cardinaux réunis à Venise : Pie VII (1742-1823), succède à Pie VI surnommé "le dernier pape" par les révolutionnaires. Rome est alors occupée par les troupes françaises qui y ont proclamé la République, et l'esprit des Lumières et de la Révolution est alors fermement ancré dans les consciences.

Lorsque le cardinal Chiaramonti monte sur le siège de saint Pierre, les états pontificaux sont profondément déstabilisés par les guerres révolutionnaires. Pendant près de dix ans, Pie VII et son fidèle secrétaire d'Etat le cardinal Concalvi vont tenter de les restaurer et de les moderniser. Après d'âpres négociations entre le Saint-Siège et l'Etat français, le concordat est signé par Napoléon alors Premier Consul et la pape Pie VII, le 16 juillet 1801. Le texte affirme la religion catholique comme étant "la religion de la grande majorité des citoyens français" et met fin à la loi de 1795, séparant l'Eglise de l'Etat.

Mais cette victoire est de courte durée. Bien que Pie VII sacre Napoléon empereur le 2 décembre 1804, ce dernier annexe tous les états pontificaux en 1809. Pie VII, de son palais du Quirinal où il est enfermé, excommunie Napoléon Bonaparte le 10 juin, ainsi que tous les "usurpateurs, fauteurs, conseillants, exécutants" de la violation du principe de souveraineté du Saint-Siège. A la suite de cet événement, dans la nuit du 5 au 6 juillet 1809, Pie VII est arrêté et conduit par les troupes françaises à Savone. Pendant cinq années, il résiste à Napoléon, même s'il est contraint de signer le Concordat de Fontainebleau, dont il dénonce immédiatement la valeur à la suite des pressions qu'il a subies. Il lui faut attendre la chute de Napoléon, pour qu'il puisse rentrer à Rome en 1814. Il règne encore neuf ans, au cours desquels il accueille la mère de Napoléon alors en exil.

Pie VII en 1804-1805 passe trois mois à Paris, à l'occasion du couronnement de Napoléon 1er. Le mariage religieux de Napoléon et Joséphine est célébré aux Tuileries à la sauvette. Le lendemain, le sacre de Napoléon et Joséphine a lieu à Notre-Dame. Lors des déplacements du Pape, l'accueil du peuple de Paris fait dire au cardinal Antonelli qui l'accompagne : "La foi de ce peuple est inexprimable." Le Siècle des lumières et la Révolution n'ont pas anéanti la foi chrétienne du pays. On estime à quatre millions (pour une population de trente millions) le nombre de français venus à la rencontre du Pape au long de son séjour en France.

Le Sacre de Napoléon est un tableau peint entre 1805 et 1807 par Jacques-Louis David peintre officiel de Napoléon Ier qui représente une des cérémonies du couronnement. Imposante par ses dimensions, presque dix mètres sur plus de six, la toile de David est conservée au Louvre.

2009/07/17

Joseph Wresinski, fondateur d'ATD Quart Monde

Le nom de Joseph Wresinski, fils d’un mécanicien polonais et d’une institutrice espagnole émigrés, parqués dans un camp pour "civils de nationalité étrangère suspects", est aujourd’hui gravé dans le marbre du Parvis des Droits de l’Homme (Trocadéro). Ce prêtre, fondateur d’Aide à Toute Détresse Quart Monde, a fait de la lutte contre la misère un devoir sacré.

Né en France dans une famille très pauvre, ordonné prêtre en 1946, Joseph Wresinski (1917-1988) est devenu le porte-parole du peuple de la misère.
Avec les habitants d'un bidonville de la région parisienne, il fonde en 1957 ATD Quart Monde (Aide à Toute Détresse) qui devient rapidement un mouvement international. Une certitude l'anime : "La misère est l'œuvre de l'homme, seuls les hommes peuvent la détruire".

A sa suite, des familles très pauvres, des volontaires permanents engagés dans la durée, et des milliers de personnes se lèvent pour refuser la misère. Son souhait : "Que l'Eglise s'identifie à la misère odieuse, repoussante de notre temps. Qu'elle s'identifie une nouvelle fois à elle-même, se faisant aimer des plus pauvres et transmettant cet amour vécu et partagé au monde."


Le 11 février 1987, le Père Joseph présente au Conseil Économique et Social français, dont il est membre depuis 1979, un rapport "Grande pauvreté et précarité économique et sociale." C’est la reconnaissance de la misère comme violation de l’ensemble des Droits de l’Homme. Ce rapport propose un programme global, cohérent et prospectif de lutte contre l’extrême pauvreté ; chacun a droit à des ressources minimum pour vivre décemment. C’est ainsi que le Père Joseph lance l’idée d’un revenu minimum garanti pour tous.

Trente ans après son entrée dans "le monde du malheur", en présence de 100.000 personnes, le Père Joseph inaugure, le 17 octobre 1987, une dalle sur le Parvis des Libertés et des Droits de l’Homme au Trocadéro, afin de rendre hommage à toutes les victimes de la misère : "Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les Droits de l’Homme sont violés. S’unir pour les faire respecter, est un devoir sacré !" Ce rassemblement a institué le 17 octobre, Journée mondiale du refus de la misère, officiellement reconnue par les Nations Unies le 22 décembre 1992.

Le 21 août 1997, le pape Jean Paul II, marque son arrivée à Paris à l'occasion des Journées Mondiales de la Jeunesse par un temps de recueillement devant la Dalle du Trocadéro en hommage au Père Joseph Wresinski.

Le Père Joseph meurt le 14 février 1988. Ses funérailles sont célébrées en la Cathédrale de Notre-Dame de Paris sous la présidence du Cardinal Jean-Marie Lustiger, Archevêque de Paris.

Le père Joseph Wresinski est actuellement en "procès de béatification" à Rome.

Le Parvis des Droits de l'Homme
Esplanade du Trocadéro, 16ème arr.
M° Trocadéro