2013/08/24

Mère Saint-Louis


Louise-Elisabeth Molé (Mère Saint-Louis), fondatrice de la congrégation des sœurs de la charité de Saint-Louis a été béatifiée le dimanche 27 mai 2012, à Vannes.

Parisienne issue d'un milieu favorisé, Louise-Elisabeth de Lamoignon (1763-1825) se marie à quinze ans et devient comtesse de Molé.  Elle décrit son mari comme "l'homme le plus vertueux et le meilleur". Comme dans son enfance, elle visite les pauvres. Puis trois de ses cinq enfants meurent en bas âge. Et la Révolution française frappe : après la confiscation de ses biens et les séjours en prison, son époux, Edouard Molé, est guillotiné en 1794, après un procès sommaire. Chassée de son hôtel, elle se retrouve seule avec ses enfants dont l'aîné n'a que 13 ans.

Monsieur M. Xavier–Menaud de Pancemont, curé de sa paroisse de Saint-Sulpice, lui assure un accompagnement spirituel.


Ses enfants installés, Madame Molé se pose la question du choix d'un état de vie. Alors qu'elle aspire à la vie contemplative, l'abbé de Pancemont décèle en elle un charisme de fondatrice. Elle accepte alors de fonder à Paris un monastère qui allierait contemplation et service de charité, en venant en aide aux femmes fragilisées par la Révolution.

Nouveau rebondissement ! Nommé évêque à Vannes en 1802, Mgr de Pancemont l'appelle à le rejoindre pour fonder une œuvre d'éducation pour les jeunes filles qu'il voit errer sur le port de Vannes. La congrégation des Sœurs de la Charité de Saint-Louis naît le 25 mai 1803 à Vannes. En 1825, à la mort de Mère Saint-Louis (Son nom en religion), 56 religieuses ont fait profession dans la congrégation, 4 maisons sont consacrées à l'éducation des enfants et à la formation spirituelle.

L'œuvre de Mère Saint-Louis s'est poursuivie en France, et dans d'autres pays : Angleterre, Canada, États-Unis, Haïti, Madagascar, Mali, Sénégal, Martinique, Mexique de sorte qu'on peut dire que sa Congrégation a pris une dimension internationale.

Louise-Elisabeth de Lamoignon naît le 3 octobre 1763 dans l'hôtel particulier des Lamoignon à Paris, aujourd'hui Bibliothèque historique de la ville de Paris. Elle est baptisée le jour même à l'église Saint-Sulpice.

Saint Marcel

Neuvième évêque de Paris, Marcel (360-436) naît à Paris, rue de la Calandre (détruite par Hausmann), dans une humble famille vivant près du Petit-Pont. Nous le connaissons surtout par des légendes. Il aurait réalisé dès sa jeunesse toute une série de prodiges et de guérisons miraculeuses. Un exploit a particulièrement marqué la mémoire collective : alors qu'un énorme serpent du marais de Bièvre vient de dévorer le cadavre d'une pécheresse enterrée en grande pompe, l'évêque l'admoneste et se sert de son étole en guise de licou. Il purge la ville, entraînant le monstre dehors au soulagement des habitants. Ce monstre est l'image du mal combattu par saint Marcel.

Saint Marcel fut inhumé dans un cimetière sur lequel on construisit une église, Saint Marcel. Cette église se trouvait rue Collégiale, à l'angle du bd Saint-Marcel et de l'avenue des Gobelins. Cette église, détruite au XIXème siècle, fut reconstruite 500 mètres plus loin.

Saint Marcel a sa statue sur le trumeau du portail Saint Anne de Notre-Dame de Paris.
La silhouette de Saint Marcel apparaît aussi dans le vitrail qui orne la façade de l'église Saint Marcel, à Paris. Des reliques de saint Marcel sont contenues dans un reliquaire placé sous la tribune de l'église.

Eglise Saint Marcel
82 boulevard de l'Hôpital, 13ème arr.
M° Campo-Fornio

Bienheureux Scubilion Rousseau

Jeune homme chrétien, Jean-Bernard Rousseau (1797-1867) fait le catéchisme dans son village natal de Bourgogne, quand on lui présente les Frères qui viennent d’ouvrir une école dans une ville voisine. Il entre au noviciat de Paris en 1822. Après dix années d’enseignement dans des écoles élémentaires, le Frère Scubilion débarque à La Réunion, en juillet 1833 pour consacrer les trente-quatre années qui lui restent aux esclaves de cette île de l’Océan Indien.

On l’appelle le “catéchiste des esclaves”, il inaugure des classes du soir pour eux, ils y viennent en grand nombre, même après une longue journée de travail épuisant. Il invente des programmes et des techniques spécialement adaptés à leurs besoins et à leurs capacités, de façon à leur apprendre l’essentiel de la doctrine et de la morale chrétiennes, et les préparer à recevoir les sacrements. Il se les attache par ses manières aimables et pleines de respect pour eux. Après l’émancipation des esclaves, en 1848, il continue à s’occuper d’eux et à les aider à s’adapter à leur vie nouvelle de liberté et de responsabilité.

Jusqu'à sa mort, il œuvre à réconcilier anciens esclaves et anciens maîtres. En effet, il pense que les anciens esclaves doivent continuer à travailler dans les plantations, seule façon de maintenir une activité dans l'île.

Pendant les dernières années de sa vie, malgré une santé chancelante, il assiste le clergé local lorsqu’il rend visite aux malades, encourageant les vocations. À sa mort il est vénéré partout dans l’île comme un saint.

Jean-Paul II proclame Frère Scubilion "bienheureux" lors de son passage à La Réunion, le 2 mai 1989.

En 1822, Jean-Bernard Rousseau est novice chez les frères des Ecoles Chrétiennes, à Paris, faubourg Saint-Martin, dans le 10ème arrondissement.

Père Jean-Léon Le Prevost

 
« Notre vie, c’est la Charité. C’est la Charité qui nous pousse et nous presse, nous sommes mus par elle, si ardente, si puissante »
 
Jean-Léon Le Prevost naît le 10 août 1803, en Normandie. Son père possède une petite entreprise de teinturerie avec une cinquantaine d'ouvriers. Sa mère meurt en avril 1804, laissant deux orphelins, Jean-Léon et sa sœur Marie-Françoise. Son père se remarie avec une femme pieuse, Rosalie Duchatard, qui élève ses beaux-enfants avec amour. Il entre à neuf ans au pensionnat de Bolbec, puis au collège royal de Rouen. Mais l'entreprise paternelle fait faillite, et le père de Jean-Léon Prevost meurt désespéré en 1822. Le jeune homme laisse sa petite part d'héritage à sa sœur et part gagner sa vie comme professeur en Alsace, puis au collège de Lisieux, où il sent un premier appel au sacerdoce, suivi d'une crise religieuse. Il est engagé en 1825 à Paris comme secrétaire de Mgr Frayssinous, premier aumônier du roi. Le Prevost fréquente les théâtres et les cercles littéraires parisiens. Il rencontre même Victor Hugo, qui à l'époque était un fervent orléaniste. Mais c'est une rencontre avec un jeune étudiant, Victor Pavie, qui va orienter sa vie. Celui-ci avec d'autres étudiants et universitaires, tout aussi épris de littérature que Jean-Léon Le Prevost, va le remettre sur le chemin d'une foi plus profonde.
 
Jean-Léon Le Prevost assiste aux sermons de Lacordaire, fréquente le comte de Montalembert, préoccupé de la question sociale d'un point de vue chrétien, et croise Frédéric Ozanam.
 
Cependant, le 19 juin 1834, Jean-Léon Le Prevost épouse Mlle Aure de Laffond qui a dix-sept ans de plus que lui... ce qui provoque la perplexité de ses amis. Il explique qu'elle l'a soigné pendant une de ses dernières maladies. Recherche-t-il une seconde mère ? Toujours est-il que la vie conjugale est fort difficile, d'autant que sa femme est éloignée de la foi, mais s'en approchera à la fin de sa vie. Ses amis autour de Frédéric Ozanam l'invitent à participer à leurs premières conférences de Saint-Vincent-de-Paul, où il visite les taudis parisiens, à l'instar de Sœur Rosalie qu'il côtoie, ce qui va faire mûrir son caractère et approfondir ses dispositions.

Il fonde avec Frédéric Ozanam l'œuvre des orphelins qui éduque une vingtaine d'apprentis, lui-même y enseigne. C'est le noyau des futurs « patronages ». Monsieur Le Prevost devient vice-président du conseil général de la société de Saint Vincent de Paul en 1835, alors que les nouveaux membres affluent, puis laisse la place à Frédéric Ozanam. C'est à cette époque qu'il tisse des liens d'amitié avec Maurice Maignen, lui aussi préoccupé de la question sociale et de la réponse de l'Église, en ces débuts de révolution industrielle. Un commerçant angevin de trente ans, Clément Myionnet, fonde et anime une conférence à Angers et songe à fonder une congrégation masculine, sur le modèle des Filles de la Charité. Il rencontre Jean-Léon Le Prevost, en 1844, à Paris.

Un an plus tard, Jean-Léon Le Prevost, Maurice Maignen et Clément Myionnet sont à genoux devant le reliquaire de saint Vincent de Paul, leur patron, pour fonder la nouvelle congrégation, dont l'unique frère est Clément Myionnet (Monsieur Le Prevost est retenu par les liens du mariage, et Maurice Maignen ne s'est pas encore décidé). L'évêque d'Angers, Mgr Angebault (directeur spirituel de Clément Myionnet), célèbre la messe. Le frère Clément Myionnet s'occupe de l'œuvre du patronage, aidé des deux cofondateurs.


Un an plus tard, Monsieur Le Prevost obtient le consentement de son épouse pour entrer dans la congrégation, après séparation de corps. Elle mourra quelques années plus tard réconciliée avec la foi. De plus, Monsieur Le Prevost démissionne en 1845 de son emploi de fonctionnaire aux cultes, obtenant une modeste pension. En septembre 1846, c'est au tour de Maurice Maignen de démissionner du ministère de la Guerre, et après un pèlerinage à Chartres, il entre dans la congrégation, située dans les locaux du patronage, rue du Regard.

Un deuxième patronage est fondé à Grenelle, à la suite de la révolution de 1848. Un an plus tard, la communauté obtient la permission de garder le Saint-Sacrement et de faire célébrer la messe dans la petite chapelle du patronage de Grenelle. Il y a désormais quatre frères, avec l'arrivée d'un avocat, Louis Paillé. En 1850, l'arrivée de l'abbé Henri Planchat va leur permettre d'accueillir des prêtres et des frères. La congrégation s'appelle dès lors congrégation des religieux de Saint Vincent de Paul. Quatre religieux prononcent cette année-là leurs vœux perpétuels et trois autres leurs vœux temporaires.

La communauté va s'étendre et s'affermir. Le patronage de la rue du Regard déménage auprès de l'église Notre-Dame-de-Nazareth. Il y a une centaine de jeunes ouvriers, deux cents apprentis et une cinquantaine de vieillards. Peu de temps après, un orphelinat est ouvert en proche banlieue avec une chapelle dédiée à Notre-Dame-de-la-Salette.

Jean-Léon Le Prevost est ordonné prêtre le 22 décembre 1860, à la chapelle de la Salette de Vaugirard. Il ira faire un pèlerinage à Notre-Dame de la Salette quelques années plus tard. En 1869, il envoie des frères animer des cercles spirituels auprès des zouaves pontificaux et se rend à Rome, pour prier au tombeau de saint Pierre. Il célèbre la messe dans les différentes basiliques et reçoit la communion des mains du pape Pie IX, le Jeudi Saint.

La guerre de 1870 provoque des souffrances avec la mise à sac de la maison de Chaville, et ensuite la Commune de Paris provoque des insurrections au cours desquelles l'abbé Planchat est pris en otage et fusillé par les communards, deux mois plus tard.

Jean-Léon Le Prevost meurt en 1874, entouré des siens. Ses funérailles sont suivies par une foule d'ouvriers.
 
La tombe du Vénérable Jean-Léon Le Prévost se trouve dans le sanctuaire de l'église Notre-Dame Réconciliatrice de La Salette.
 
Notre-Dame-de-la-Salette
27, rue de Dantzig, 15ème arr.

2013/07/31

Comtesse Élisa de Lariboisière


C'est après l'épidémie de choléra de 1832 qui sévit à Paris que l'on prit conscience de l'insuffisance des hôpitaux pour les habitants de la rive droite. On décida de construire Rue Ambroise Paré un hôpital selon les théories hygiénistes modernes (segmentation des bâtiments reliés entre eux par des galeries) et sur un principe pavillonnaire. Il ouvrit ses portes en 1854.
C'est à l'architecte Martin-Pierre Gauthier que fut confiée la construction de ce nouvel hôpital. Il porte le nom de Lariboisière en souvenir de la Comtesse Elisa Roy, née le 22 janvier 1794, à Paris, Comtesse de Lariboisière, fille d'Antoine Roy, ministre des Finances à la Restauration, et épouse du comte Lariboisière, fils d'un général d'Empire.
La Comtesse, femme intelligente et raffinée, est toujours restée dans l'ombre de son époux et elle n'eut pas d'enfant. Elle eut une vie sociale bien remplie, tenant salon littéraire et s'occupant sans ostentation d'œuvres sociales.
La Comtesse de Lariboisière qui de son vivant s'était distinguée par ses charités décède le 27 décembre 1851 sans héritier. Elle laisse par son testament la plus grande partie de sa fortune pour la fondation d'un hôpital de Paris (2 600 000 F or, soit le quart du coût total de l’hôpital). Cet hôpital élevé conformément à sa dernière volonté est l'un des plus beaux de Paris à son époque et reçut le nom d'Hôpital Lariboisière.
Dans la chapelle de cet hôpital se trouve le tombeau de sa fondatrice. Sur le sarcophage, le groupe "la Charité" a été sculpté par Carlo Marochetti, en 1853.
Chapelle de l'Hôpital Lariboisière – 10ème arr.

Père Jules Chevalier

Le Père Jules Chevalier, ancien vicaire d'Issoudun et fondateur des Missionnaires du Sacré-Cœur de Jésus (en abrégé, MSC) qui animent toujours son sanctuaire est considéré comme Serviteur de Dieu. En effet, le 25 mai 2012 a été ouvert son Procès en béatification.

D'origine modeste, Jules Chevalier est né le 15 mars 1824, à Richelieu (Touraine). Apprenti cordonnier, il désire devenir prêtre, mais ce rêve semble irréalisable, tant sont modestes les revenus de sa famille. La chance de sa vie, c'est le départ de la famille pour la région de Vatan (en Berry, près d'Issoudun) en 1841, son père ayant été nommé garde-forestier.
Jules Chevalier entre au Grand séminaire de Bourges, en 1846.
Ordonné prêtre le 14 juin 1851, il souhaite fonder une communauté de missionnaires. Après des débuts difficiles, sa congrégation – fondée le 8 décembre 1854 – est reconnue par le pape Pie IX, en 1869.
La congrégation religieuse dont il est à l'origine ne prend sa véritable dimension internationale qu'à partir de 1880. A cette date, la politique anticléricale poursuivie par Jules Ferry, sous la présidence de Jules Grévy, conduit à l'exil les congrégations religieuses non officiellement reconnues par le gouvernement de la République. Les membres de sa congrégation se dispersent alors dans divers pays européens ou sont envoyés en mission à travers le monde. C'est ainsi que certains se retrouvent en Papouasie-Nouvelle Guinée, territoire non explorée à cette époque.
Le Père Jules Chevalier eut à combattre jusqu'à sa mort, le 21 octobre 1907, à l'âge de 83 ans, le rationalisme, l'indifférence et l'anticléricalisme.

La congrégation des MSC, créée par Jules Chevalier est aujourd'hui présente dans 55 pays d'Europe, d'Asie, d'Afrique et d'Océanie ainsi qu'en Amérique.

Missionnaires du Sacré-Cœur - 9 rue des roses, 8ème arr.

2012/04/24

Bienheureux Pierre-Adrien Toulorge


L'abbé Pierre-Adrien Toulorge (1757-1793), de l’Ordre des Prémontrés, guillotiné pendant la Révolution Française, en 1793, sera béatifié le 29 avril 2012. La célébration solennelle se déroulera sous la présidence du cardinal Angelo Amato, préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints, qui viendra spécialement de Rome et représentera le pape Benoît XVI.

L'Ordre de Prémontré sera représenté par Monseigneur Thomas Handgrätinger, Abbé général de l'ordre de Prémontré et un grand nombre de frères venus du monde entier.

Le père Toulorge refusa la « Constitution civile du Clergé » qui exige le serment des prêtres. Lorsqu'il entend parler de la loi du 26 août 1792 condamnant à la déportation tous les prêtres fonctionnaires publics qui n'ont pas prêté serment, il part pour l'île anglaise de Jersey. Puis il débarque clandestinement à Portbail, puis s'enfonce dans le maquis. L'année suivante, en septembre 1793, il est capturé et jugé.

A Coutances, la foule est muette d'émotion en voyant ce jeune prêtre aller à la mort avec sérénité et paix. Conduit au pied de l'échafaud, revêtu d'une longue redingote verte, boutonnée jusqu'au col, le père Toulorge dit seulement : « Mon Dieu, je remets mon âme entre vos mains ! Je vous demande le rétablissement et la conservation de votre Sainte Église. Pardonnez, je vous prie, à mes ennemis. » Après l'exécution, le bourreau saisit la tête sanglante par les cheveux et la montre à la foule. Il est quatre heures et demie. Une charrette emporte le corps au cimetière Saint-Pierre de Coutances.

L'ordre de Prémontré est sans doute l'une des moins connues des grandes familles religieuses qui ont contribué à faire de la France l'un des foyers les plus féconds de l'histoire de l'Eglise.