2011/03/03

Frère Christophe Lebreton

Christophe Lebreton (1950-1996) fut moine au monastère de Tibhirine, dans l'Atlas algérien. Poète, il définissait sa communauté comme "une maison dans la Maison de l'islam, une petite chambre d'ami ouvrant sur l'Intérieur qui nous unit."

Dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, il fut enlevé avec six autres de ses frères par un groupe armé, puis exécuté le 21 mai, à l'âge de 45 ans. D'une lucidité aux antipodes de la naïveté, Christophe Lebreton analyse la violence qui secoue l'Algérie comme un mal universel : "ils ne savent pas ce qu'ils font."
Dès son arrivée en 1988, il écrit qu'à vue humaine "il n'y a pas d'avenir" pour sa communauté. Il mesure courageusement le risque encouru par sa présence "jusqu'à l'extrême" et choisit délibérément de continuer avec ses frères la vie de travail, de prière et d'hospitalité.


Profondément attaché au peuple algérien, soucieux de son frère musulman et chantre du dialogue interreligieux, frère Christophe Lebreton ira, à l’instar de ses frères trappistes, jusqu’au bout, non pas du sacrifice mais du don de soi dans l’amour de l’Autre.

Le film "Des hommes et des dieux" réalisé par Xavier Beauvois met en scène les trois dernières années de la vie de ces sept moines trappistes du prieuré Notre-Dame de l'Atlas à Tibhirine, jusqu'à leur enlèvement, en 1996. Il a obtenu, le 25 février 2011, le César du meilleur film pour l'année 2010.


Le 27 mars 1996, apprenant l'enlèvement des sept moines trappistes, le cardinal-archevêque de Paris, Mgr Jean-Marie Lustiger avait allumé sept cierges à la cathédrale Notre-Dame de Paris. A l'annonce de leur mort, il les avait éteints, lors d'un office religieux où il avait annoncé que l'"on ne peut pas tuer au nom de Dieu" et qu'au "nom de Dieu il faut respecter la vie". Mais, lors du dimanche de la Pentecôte, il les a rallumés estimant que "l'amour pour lequel ils ont vécu est plus fort que la haine".

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