2008/09/05

Bienheureuse Marie de la Providence (Eugénie Smet)

Hyperactive, Eugénie épuise son entourage. De sa maison natale de Loos-Lez-Lille à la rue de la Barouillère (actuelle rue Saint-Jean-Baptiste-de-la-Salle), à Paris où elle meurt à 46 ans, en 1871, Eugénie Smet est partagée entre un activisme effréné et un découragement régulier. Par contre, deux certitudes intérieures : confiance absolue dans la Providence (elle prendra le nom de Marie de la Providence en devenant religieuse) et préoccupation des âmes du purgatoire. Secours des pauvres, embellissement des autels dans les églises, collecte de fonds pour les missionnaires, elle ne se réserve aucun instant pour elle. Elle regroupe autour d’elle des filles passionnées comme elle et soucieuse d’obtenir le salut des âmes du purgatoire. Pour gagner leur vie, après les prières et le soin gratuit des pauvres à domicile, elles enfilent des perles et préparent les franges des châles pour les Grands Magasins.
Sept ans après, plusieurs religieuses s’embarquent pour la Chine et fondent une communauté à Shanghai. Ainsi la « Société des auxiliatrices du purgatoire » est née, aujourd’hui composée de 800 religieuses réparties dans 25 pays. Eugénie meurt du cancer. Elle expire en murmurant « Charité, charité, charité… »

Son corps repose dans la crypte de la maison mère.

Maison mère des sœurs auxiliatrices des âmes du Purgatoire
16 rue Jean-Baptiste de La Salle, 6ème arr.

M° Vanneau

2008/09/02

Bienheureux Martyrs de Septembre 1792

Après la chute de la Monarchie le 10 août 1792, la fièvre monte à Paris. De nombreux suspects sont arrêtés : laïcs, prêtes séculiers, religieux, souvent réputés réfractaires, même si ce n’est pas le cas de tous. Environ 350 ecclésiastiques sont ainsi incarcérés, dont plus de la moitié étrangers à la capitale. Entre le 2 et le 5 septembre, des bandes armées d’hommes et de femmes envahissent les prisons parisiennes pour se livrer à l’exécution collective des détenus au couvent des Carmes, à l’abbaye de Saint-Germain, au séminaire Saint-Firmin, aux prisons de la Force, rue Saint-Antoine.

Le couvent des Carmes, avec son très vaste enclos, est le premier et le plus symbolique théâtre des tueries. Au témoignage de l’abbé Saurin, jésuite rescapé, le contraste est saisissant entre la sérénité qui règne au- dedans, parmi les ecclésiastiques prisonniers, groupés autour de trois évêques, et, au dehors, le hurlement de la foule, les canonnades, les roulements de tambour, et finalement, le 2, vers quatre heures du soir, le tocsin de Saint-Sulpice qui donne le signal aux émeutiers. La tuerie qui a commencé dans le jardin s’achève, après un simulacre de jugement, au pied du petit escalier faisant communiquer la chapelle, où les prisonniers ont d’abord reflué et se sont mutuellement donné l’absolution, et le jardin. « Je n’ai entendu se plaindre aucun de ceux que j’ai vu massacrés » écrira l’abbé de la Pannonie, blessé et rescapé de la tragédie des Carmes.

Parmi les 3 000 victimes de septembre 1792, 191 personnes mortes pour leur foi ont été béatifiées par Pie XI le 17 octobre 1926. 86 prêtres étaient membres du clergé parisien. Les quatre laïcs et de nombreux religieux béatifiés appartenaient aussi à l’Église de Paris.

La crypte de l’Église Saint Joseph des Carmes abrite de nombreux ossements retrouvés au XIXème siècle. Plusieurs autres souvenirs du massacre sont répartis dans le séminaire : le perron où a eu lieu une partie des exécutions, une salle où le mur garde la trace des baïonnettes ensanglantées. Et quelques lieux où des prisonniers ont pu se cacher.

Eglise Saint-Joseph-des-Carmes
74, rue de Vaugirard, 6ème arr.
M° Rennes

2008/08/04

Abbé Huvelin

Prêtre de Paris (1838 - 1910), Henri Huvelin naît le 7 octobre 1830 à Laon. Très vite après son baccalauréat, il décide de devenir prêtre. L’hostilité de son père envers sa vocation, sans le décourager, lui permet de passer avec succès ses trois agrégations de philosophie, Grec et Lettres après être entré à l’Ecole Normale Supérieure.
Ordonné prêtre en 1867 pour le diocèse de Paris, il est nommé vicaire à Saint-Eugène (9ème arr.), puis, en 1875 à Saint-Augustin (8ème arr.). En raison de son ministère particulier, il s’installe au 6 rue Laborde, où il demeure jusqu’à sa mort.
De 1875 à 1886, l’Abbé Huvelin donne une suite de conférences destinées aux jeunes de 14 à 18 ans, puis des cours d’histoire de l’Eglise et de Morale évangélique qu’écoute une foule accourue de tous les quartiers de Paris.
Dès 1880, Henri Huvelin, est accablé par une maladie, qui devient rapidement un martyre, mais qui ne l’empêche par de confesser à toute heure.
Charles de Foucauld, logeant alors rue de Miromesnil entend parler de lui par sa tante Madame Moitessier et se rend à Saint-Augustin pour le rencontrer. Il retrouve alors la beauté de la vie chrétienne et l’harmonie avec Dieu. On doit mentionner aussi à l’actif de l’éminent directeur de conscience un profond accompagnement du célèbre Littré dans les derniers de sa vie.
L'abbé Huvelin est enterré au cimetière Montmartre le 13 juillet 1910.

Dans la troisième chapelle de la nef de Saint-Augustin à droite, une plaque rappelle la conversion de Charles de Foucauld : « Ici Charles de Foucauld s'est converti en se confessant à l'abbé Huvelin en octobre 1886. Devenu prêtre le 9 juin 1901, il a célébré plusieurs fois la messe dans cette église. »

Eglise Saint-Augustin
Place Saint-Augustin, 8ème arr.
M° Saint-Augustin

Sainte Geneviève, patronne de Paris

Née à Nanterre vers 420, dans une famille gallo-romaine chrétienne, riche et influente, sainte Geneviève persuade les Parisiens de ne pas abandonner leur ville menacée en 451 par les Huns de Attila. Lorsqu’en 475 le chef franc Childéric veut affamer les habitants, elle intervient personnellement et se rend en Champagne pour rapporter des vivres en bateau sur la Seine.
Sa réputation court jusqu’en Syrie où saint Syméon le Stylite, du haut de sa colonne, se recommande à sa prière.
Après sa mort vers 500, sainte Geneviève continue de protéger Paris. A plusieurs reprises, la procession de ses reliques à travers la ville écarte l’ennemi. Elle a donné son nom à cette colline qui surplombe la Seine.

A l’intérieur du Panthéon (ex-église Sainte Geneviève), des fresques de Puvis de Chavannes retracent la vie de sainte Geneviève.
Dans l’église Saint-Etienne-du-Mont se trouve la châsse de sainte Geneviève.

Eglise Saint-Etienne-du-Mont
Place Sainte-Geneviève, 5ème arr.
M° Cardinal-Lemoine

Abbé Roussel

L’abbé Louis Roussel (1825-1897) interpelle gentiment un enfant qui, un soir, fouille dans les poubelles :
- Que fais-tu là ?
- Je cherche de quoi manger.
Cet enfant recueilli en 1866 sera le premier d’une longue chaîne aujourd’hui encore ininterrompue.
Très vite, l’abbé Roussel, tout en les préparant à la première communion, enseigne écriture et lecture à ses enfants et un métier : l’Œuvre des Orphelins Apprentis d’Auteuil est née.

Fondation d'Auteuil
40, rue La Fontaine, 16ème arr.
M° Jasmin

2008/08/01

Jean-Paul II

A l'issue de la prière de l'Angélus, en présence de plusieurs milliers de pèlerins rassemblés Place Saint-Pierre, le pape Benoît XVI a rappelé, le dimanche 16 janvier 2011, qu'il présiderait la béatification de Jean-Paul II le 1er mai prochain : « Chers frères et sœurs, comme vous le savez, le 1er mai prochain j'aurai la joie de proclamer bienheureux le vénérable pape Jean-Paul II, mon bien-aimé prédécesseur. ... La date choisie est très significative : ce sera en effet le deuxième dimanche de Pâques, qu'il a lui-même dédié à la Divine Miséricorde, et c'est lors de la vigile du Dimanche de la Miséricorde qu'a pris fin sa vie terrestre », a-t-il dit.

Dans le monde entier, l'annonce de la béatification de Jean-Paul II a été saluée avec une immense joie et nombreux sont ceux qui s'organisent pour assister à la cérémonie. Aucun billet ni aucune invitation ne sera nécessaire. Tous les gens qui souhaitent assister à la cérémonie pourront le faire, c'est ce qu'a affirmé un porte-parole du Vatican, le révérend Ciro Benedettini.

À Paris
- Le 1er mai à Paris, les paroisses de Paris célébreront la messe du dimanche de la Miséricorde en communion avec la messe de béatification de Jean-Paul II.
- Certaines paroisses de Paris retransmettront en direct de Rome la première partie de la célébration de Rome, avant la messe à 11h.
- Le soir les baptisés de Pâques se retrouveront pour la catéchèse et la messe in Albis à la cathédrale Notre Dame.
- Radio Notre-Dame et KTO Télévision (et ktotv.com) retransmettront la messe de béatification en direct de Rome.
- Enfin, le samedi 7 mai à 18h30, le cardinal André Vingt-Trois présidera une messe d’action de grâce en la cathédrale Notre-Dame de Paris à laquelle tous les parisiens seront invités.

«Parvis Notre-Dame - place Jean Paul II» : tel est le nouveau nom du parvis Notre-Dame à Paris.

Eglise de Notre-Dame-de-l’Assomption ou Eglise polonaise
263Bis, rue St Honoré, 1er arr.

Père Guérin

Jeunesse ouvrière chrétienne : trois mots qui forgent une identité.

L'abbé Georges Guérin (1891-1972), vicaire à Clichy, est le fondateur, en 1927, de la JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne) fondée deux ans auparavant par le père belge Cardijn qui deviendra cardinal.
Soutenu par le cardinal Verdier et le cardinal Suhard, le père Guérin en est l’animateur toute sa vie. Il propose aux jeunes ouvriers qu'il rencontre de réfléchir, d'analyser ce qu'ils vivaient, de se former et d'agir. Il les encourage à militer dans des syndicats et à participer à des groupes d'étude de la doctrine sociale de l'Eglise.

La JOC se développe alors dans un contexte industriel et ouvrier de manière fulgurante dans toute la France et devient rapidement un mouvement de masse. Les « jocistes » se sont engagés partout où vivaient des jeunes travailleurs :
- par l’action en faveur des conditions de vie des apprentis et le statut des employées de maisons dans la période d'avant guerre,
- dans les camps de travail parmi la masse des jeunes travailleurs déportés, dans les maquis et les réseaux pendant la guerre 39-45,
- par la création de structures comme les Foyers de Jeunes Travailleurs en 1955, les permanences saison en 1966, les comités de chômeurs et les permanences précarité dans les années 80.

Aujourd’hui, en phase avec les évolutions de la société (banlieues, accès aux études, aux loisirs, mobilité...), la réalité des jeunes de la JOC s'est diversifiée : des jeunes collégiens, lycéens, étudiants s'y engagent ; des jeunes dans des situations de travail très diverses, des jeunes en précarité s'y investissent. Fidèle à son intuition fondatrice, la JOC veut donner à ces jeunes souvent loin des structures civiles et de l'Eglise les moyens à eux aussi d'être acteurs de la société, de prendre la parole pour oser dire l'avenir qu'ils veulent.

Rue du Père Guérin
13ème arr.
M° Place d’Italie